Un fa grave

Pour moi l’amour, c’est comme une note de musique

qui sonne tellement juste,

c’est quelque chose d’interne, en plein corps,

comme un doigt sur un corde qui vibre bien…

C’est un fa grave, c’est rond, c’est parfait et ça parle de lui-même…

C’est un sentiment et une ouverture vers l’autre…

C’est un peu comme de la bienveillance…

Le résultat d’une rencontre, d’une ouverture

et d’un cheminement qui commence avec un sentiment

et qui se fait avec…

Je le vois forcément à 2

et qui nous fait du bien…

C’est un processus volontaire…

On va le chercher : on cherche à s’entendre

et à faire correspondre notre vision de l’amour à 2.

 

L’amour amoureux peut s’épuiser, s’estomper au quotidien…

alors que les autres amours, c’est plus difficile…

Du coup, tu peux basculer dans d’autres sentiments,

de la haine, du mépris, vers un autre sentiment,

c’est même parallèle, enfin…

 

Mon ex était exclusive, absolue, mais elle me le rendait aussi trop bien :

j’étais son homme, son enfant, son amant, on a tellement fait l’amour,

à l’extrême… c’était toujours en accélération…

Mais je me rends compte que ça m’a exclu de tellement de choses…

de mes amis, déconnecté, perte de contrôle…

Quand on en a parlé, elle n’a pas compris et l’a mal vécu…

Moi je me suis affirmé sur cette ligne… 

ça a tout cassé…

Et elle a fui car j’étais à l’origine de son malheur…

Tout a pris feu, mais à la fin, j’avais l’air bien con car  tout était cramé…

J’ai mis deux ans à m’en remettre…

J’avais tellement partagé, qu’il n’était pas possible de le faire avec quelqu’un d’autre…

C’était ma référence, mon amour, j’en rêve encore, même si je m’en suis détaché…

Ca a été une douleur infinie de la voir partir

alors que je savais que c’était la bonne chose à faire…

 

Tu vois moi aujourd’hui, je pense qu’il est important d’avoir le sens de la contrepartie…

Et se mettre à l’abri de la promiscuité, du quotidien, de la routine…

Pour moi, c’est ce qu’il faut différencier…

Ca, ce n’est pas ça l’amour…

C’est laisser de la place…

Se construire ensemble…

Draguer, au mieux, sortir ensemble, au mieux, être en couple, il y a tellement mieux à faire…

Mais je n’ai pas la méthode, le kit…

Le ressenti doit être honnête et sûr…

L’autre avant tout…

 

Moi je suis persuadé que l’amour de ta vie,

ce n’est pas quelqu’un avec qui tu es intimement proche sur tout…

Mais si cette personne met en place les conditions

pour que tu puisses réaliser ce qui est le plus important pour toi,

alors il n’y a pas de souci…

Je crois qu’il faut que tu aies la possibilité de vivre bien sans les mêmes réalités, les mêmes envies…

Si tu y arrives en préservant l’amour,

ça me paraît être le plus important….

Ce n’est pas tant être parfait,

mais se dire que ça ira bien grâce à ce partage…

Ca me fait penser à Bernadette Chirac,

qui indiquait qu’elle préférait sacrifier sa situation personnelle

et construire une famille dans la durée…

Elle dit avoir pardonné pour quelque chose qui semble plus grand …

L’amour, ce n’est pas facile,

on ne peux pas s’y reposer,

il faut toujours trouver l’équilibre,…

 

Je ne pense pas avoir beaucoup de références…

Perso, l’amour de mes parents je l’ai jamais vu, du coup j’ai zéro repère… Mais il y a tout un tas de figures qui te marque dans ta représentation de l’amour : les proches, les amis, les réseaux sociaux aujourd’hui… Inconsciemment, j’ai l’impression d’avancer à tâtons,

dans mes expériences…

même si effectivement on est conditionnés au final…

 

 

Bah j’avoue qu’entre mecs, on ne parle jamais de ça…

C’est hyper tabou, on a peur du jugement de l’autre,

de l’image que l’homme doit avoir, de la performance, …

On a tellement une mentalité à se comparer…

Tu vois Tinder, pour moi, ça marche pas,

parce que je suis pas prêt à assumer une fille

que mes potes ne valideraient pas…

et je me sens totalement handicapé social là-dessus…

 

En fait tu vends une image à tes potes :

celui qui chope le plus,

ou que t’as serré la plus cochonne,

et tu dois te justifier si t’as pas choisi une nana dans les critères « validés »… 

Il y a une contradiction absolue entre l’apparence et ce que l’on ressent sentimentalement et sexuellement…

Je m’en rends compte,

y a pas conversation genre « putain j’ai fait de la merde ou j’ai pas bandé »… on en parle pas….

On ne veut pas savoir…

Ca touche trop à ta dignité d’homme !

Alors que ça serait sans doute riche d’enseignements en fait…

On a une sexualité presque mécanique,

avec des critères physiques valorisés : ses seins, ses fesses ; ce qu’elle fait, et cette échelle normée qu’on s’impose et qu’on n’est pas prêt à partager… c’est atterrant, triste… 

Et avec le porno, c’est pas prêt de s’arrêter…

Pourtant, c’est du sexe tellement déconnecté de la réalité,

de ce que tu sens en toi…

Moi j’ai jamais regardé un film X en me disant que ça correspondait à mes attentes amoureuses ou sexuelles…

En fait, ça correspond peut-être parfois à mes désirs

mais pas à ma personne.

On est vachement formaté par les images

et encore plus parce qu’on n’en parle pas !

Et tu vois, on a tous eu des copines magnifiques,

on est tous conscients qu’on séduit

mais on l’assume pas…

C’est des opportunités manquées d’être vraiment soi…

On ne se nourrit pas assez des autres, de leur sensualité, leur singularité et c’est important d’en prendre conscience.

 

Pour moi, ce qui symbolise l’amour c’est un livre que j’ai lu 8 mois après ma rupture, de Pierre Berger qui fait une centaine de pages, Lettres à Yves. C’est des lettres, qu’il a écrit à Yves St Laurent pour lui dire au revoir,

c’est une déclaration d’amour,

où il rappelle à quel point ils s’aimaient

 et que c’était une relation complémentaire,

où ils ont su cultiver cet amour,

avec ce sens de la contrepartie,

où il y avait d’un coté le génie et d’acceptation face à la famille…

Cette liberté dans leur cocoon.

Pierre Berger a tout fait, a tout accepté, pour faire perdurer leur amour…

Et l’amour métaphysique, c’est Point de lendemain de V. Demont,

sous l’ère de Louis XIV, où ils font l’amour toute la nuit

et c’est décrit de manière tellement pudique,

tellement bourgeois, tellement « Fontainebleau » que c’est jouissif…

T’as envie d’y être…

Moi je me suis déjà masturbé sur un livre, M. Houellebecq,

j’en ai oublié le titre, tellement j’ai honte,

mais il décrit tellement bien les scènes de sexe !

Je l’ai étudié en prépa, et la prof mettait du sexe, là où on n’en voyait pas ! C’était extraordinaire.

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